Exemples d'évaluations

Voici des résultats réels issus des tests de validation de Veridi ; il ne s’agit pas de réussites triées sur le volet, mais d’exemples représentatifs montrant comment la méthodologie traite différents types d’affirmations.


Exemple 1 : Une affirmation confirmée vraie

Affirmation soumise : « Plus de 97 % des climatologues publiant activement s’accordent sur le fait que les activités humaines causent le réchauffement climatique. »

Évaluation de Veridi :

VERDICT : VRAI — Confiance : 95 %

Plusieurs méta-analyses indépendantes confirment ce chiffre. Cook et al. (2013) ont examiné 11 944 résumés d’articles évalués par les pairs en sciences du climat et ont constaté que 97,1 % des articles exprimant une position appuyaient le consensus selon lequel les humains causent le réchauffement climatique. Lynas et al. (2021) ont passé en revue plus de 88 000 études liées au climat publiées entre 2012 et 2020 et ont trouvé un consensus supérieur à 99,9 % dans la littérature. La page sur le consensus scientifique de la NASA cite les deux études et répertorie dix-huit organismes scientifiques — dont l’American Association for the Advancement of Science, l’American Meteorological Society et la National Academy of Sciences — qui ont émis des déclarations confirmant le consensus.

Sources : Page sur le consensus scientifique de la NASA (Niveau 1), Cook et al. 2013 dans Environmental Research Letters (Niveau 1), Lynas et al. 2021 dans Environmental Research Letters (Niveau 1), déclarations de dix-huit organismes scientifiques (Niveau 1).

Indicateurs de manipulation : Aucun détecté.

Pourquoi cet exemple est important : Il s’agit d’un cas simple où l’affirmation est bien étayée par de multiples sources indépendantes de Niveau 1. La confiance est de 95 % — le plafond structurel pour plusieurs sources de Niveau 1 concordantes — car la base de preuves est aussi solide que possible : des méta-analyses indépendantes utilisant des méthodologies différentes arrivent à des résultats cohérents, confirmés par des déclarations institutionnelles de consensus.


Exemple 2 : Une affirmation clairement fausse

Affirmation soumise : « L’exposition aux tours cellulaires 5G cause ou propage la COVID-19. »

Évaluation de Veridi :

VERDICT : FAUX — Confiance : 95 %

La COVID-19 est causée par le virus SRAS-CoV-2 et se transmet de personne à personne par les gouttelettes respiratoires et les aérosols. Les ondes radio — y compris celles utilisées par les réseaux 5G — ne peuvent pas transmettre de virus. C’est de la physique établie : le rayonnement électromagnétique aux fréquences 5G (sous-6 GHz et ondes millimétriques) n’interagit pas avec les agents pathogènes biologiques d’une manière qui pourrait causer une infection ou une transmission.

La COVID-19 s’est largement propagée dans des pays qui n’avaient pas déployé de réseaux 5G, ce qui réfute davantage tout lien causal.

Sources : OMS (Niveau 1), CDC (Niveau 1), multiples études évaluées par les pairs sur l’exposition aux radiofréquences (Niveau 1), enquête de PolitiFact (Niveau 2).

Indicateurs de manipulation : Aucun détecté.

Pourquoi cet exemple est important : C’est un cas net : une affirmation fausse avec des preuves accablantes la contredisant. Veridi le traite efficacement et avec une confiance élevée parce que de multiples sources de Niveau 1 concordent. Toutes les affirmations ne sont pas aussi simples.


Exemple 3 : Des faits véridiques assemblés pour induire en erreur

Affirmation soumise : « Le ministre de l’Intérieur de l’Inde, Amit Shah, a déclaré que la part des musulmans dans la population indienne augmente, en citant les données du recensement de 1951 à 2011 montrant un déclin constant de la part hindoue et une hausse de la part musulmane. »

Évaluation de Veridi :

VERDICT : TROMPEUR — Confiance : 85 %

Les données du recensement de l’Inde montrent effectivement que la part de la population musulmane est passée de 9,8 % en 1951 à 14,2 % en 2011, tandis que la part hindoue est passée de 84,1 % à 79,8 %. Ces chiffres sont exacts.

Cependant, le cadrage omet un contexte crucial qui inverse l’interprétation raisonnable : les taux de croissance de la population musulmane diminuent plus rapidement que ceux de la population hindoue. Entre 1991 et 2011, le taux de croissance décennal musulman est passé de 29,4 % à 24,7 %, tandis que le taux hindou est passé de 19,9 % à 16,7 %. Les tendances convergent, elles ne divergent pas. De plus, l’attribution par Shah de la croissance à « l’infiltration » n’est pas étayée : une demande d’accès à l’information a confirmé que le ministère de l’Intérieur ne tient aucune donnée sur les infiltrés identifiés ou expulsés.

Cette évaluation est TROMPEUR plutôt que MANQUE DE CONTEXTE parce que des indicateurs de tromperie délibérée sont présents : indicateur sélectionné de manière tendancieuse (part vs taux en baisse), contexte de plaidoyer (discours politique intitulé « Infiltration, changement démographique et démocratie ») et attribution causale non étayée.

Sources : Données du recensement de l’Inde (Niveau 1), analyse démographique du Pew Research Center (Niveau 1), réponse d’accès à l’information du ministère de l’Intérieur (Niveau 1), enquête d’Alt News (Niveau 2).

Pourquoi cet exemple est important : Chaque fait dans cette affirmation est techniquement vrai. Les chiffres du recensement sont exacts. Mais les faits sont agencés pour créer une fausse impression — que la croissance de la population musulmane est une menace qui s’accélère — alors que les données montrent la tendance inverse. Veridi distingue le « contexte manquant » (une omission accidentelle) du « trompeur » (un cadrage délibéré), selon que la fausse impression semble être le but de l’affirmation.


Exemple 4 : Une situation véritablement ambiguë

Affirmation soumise : « La théorie de la fuite de laboratoire de la COVID-19 a été confirmée par les agences de renseignement américaines. »

Évaluation de Veridi :

VERDICT : MAJORITAIREMENT FAUX — Confiance : 85 %

Aucune agence de renseignement américaine n’a « confirmé » la théorie de la fuite de laboratoire. Le mot « confirmé » exagère considérablement ce que toute agence a conclu.

En février 2023, le département de l’Énergie des États-Unis a évalué avec une « faible confiance » qu’une fuite de laboratoire était l’origine la plus probable. Le FBI a évalué avec une « confiance modérée ». Quatre autres agences et le Conseil national du renseignement ont évalué que la transmission zoonotique naturelle à partir d’animaux était la plus probable. La communauté du renseignement reste divisée, et les évaluations utilisent un langage explicitement nuancé : « faible confiance » et « confiance modérée » sont des termes techniques indiquant une incertitude significative.

L’affirmation contient un élément vrai : certaines agences ont effectivement jugé qu’une fuite de laboratoire était plus probable qu’improbable. Mais l’assertion centrale — que la théorie a été « confirmée » — est fausse. La confirmation est catégoriquement différente d’une évaluation à faible confiance.

Sources : Évaluation déclassifiée du Bureau du directeur du renseignement national (Niveau 1), résumé du Congressional Research Service (Niveau 1), analyse de PolitiFact (Niveau 2).

Pourquoi cet exemple est important : Cette affirmation n’est pas simplement vraie ou fausse. Certaines agences ont effectivement penché vers l’hypothèse de la fuite de laboratoire. Mais le mot « confirmé » transforme une évaluation incertaine en une conclusion définitive qui n’existe pas. Le verdict MAJORITAIREMENT FAUX reconnaît les éléments vrais tout en identifiant que l’affirmation centrale est inexacte.


Exemple 5 : Détection de techniques de désinformation

Affirmation soumise : « Le Centre international de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé a classé la viande transformée comme cancérogène du Groupe 1 en 2015 — la même catégorie que le tabagisme et l’exposition à l’amiante — ce qui signifie que manger une portion quotidienne de bacon ou de saucisse comporte des risques de cancer comparables à ceux d’un paquet de cigarettes par jour. »

Évaluation de Veridi :

VERDICT : TROMPEUR — Confiance : 92 %

Le CIRC a effectivement classé la viande transformée comme cancérogène du Groupe 1 en 2015. La viande transformée se trouve dans le même groupe du CIRC que le tabagisme et l’amiante. Ces faits sont exacts.

Cependant, la conclusion — que les risques de cancer sont « comparables » — est fausse, et la fausse impression est créée en confondant deux choses différentes : la force des preuves et l’ampleur du risque. Le Groupe 1 du CIRC signifie « il existe des preuves convaincantes que l’agent cause le cancer ». Cela ne signifie pas « l’agent cause le cancer à un taux similaire à tout le reste dans le groupe ». L’OMS elle-même a clarifié cette distinction au moment de la classification.

La différence de risque réelle est énorme. Manger 50 grammes de viande transformée par jour augmente le risque de cancer colorectal d’environ 18 %. Fumer un paquet de cigarettes par jour augmente le risque de cancer du poumon d’environ 2 000 %. Les risques ne sont pas comparables ; ils diffèrent d’un facteur d’environ 100.

Indicateurs de manipulation détectés :

  • Manipulation du cadrage : Des faits véridiques sur la classification du CIRC sont assemblés pour créer une fausse impression d’équivalence de risque. La manipulation fonctionne en confondant la force des preuves (notre degré de certitude que cela cause le cancer) avec l’ampleur du risque (combien de cancers cela cause). Chaque énoncé individuel est exact ; le composite est faux.
  • Ancrage : Les faits vrais et facilement vérifiables (classification Groupe 1, même catégorie que le tabac) servent d’ancrages qui transfèrent la crédibilité à la conclusion fausse (niveaux de risque comparables).

Sources : Monographies du CIRC Volume 114 (Niveau 1), Questions-réponses de l’OMS sur la classification (Niveau 1), estimations du projet Global Burden of Disease (Niveau 1).

Pourquoi cet exemple est important : C’est un test de résistance : chaque fait individuel de l’affirmation est vrai. La classification du CIRC est réelle. L’attribution du groupe est réelle. La comparaison avec le groupe du tabac est réelle. Rien n’est fabriqué. Mais les faits sont agencés pour créer une fausse impression sur l’ampleur du risque en exploitant l’écart entre l’utilisation scientifique du mot « cancérogène » et la compréhension qu’en a le public. Veridi a détecté la manipulation du cadrage et l’ancrage, quantifié la différence de risque réelle et cité la propre clarification de l’OMS comme preuve primaire.